Annonce et contexte commercial
Lors de l’appel de résultats du troisième trimestre, Lars Moravy, vice‑président de l’ingénierie chez Tesla, a indiqué que les Cybercabs déjà produits seront d’abord affectés à la flotte robotaxi interne de l’entreprise. Il a ajouté que la vente aux tiers débutera avant la fin de l’année, avec un déploiement progressif afin d’apprendre les modalités de livraison, de propriété et de gestion de flotte.
Cette décision suit une première indication faite le mois précédent, lors d’un événement à Austin, où Tesla avait publié un formulaire d’inscription pour les acheteurs potentiels. Le modèle proposé se différencie des véhicules Tesla classiques (Model 3, Model Y, Roadster) en étant conçu comme un service de transport plutôt que comme un bien personnel.
Architecture du Cybercab et absence de contrôles manuels
Le Cybercab se présente comme un deux‑places à carrosserie dorée, dépourvu de volant, de pédale de frein et de rétroviseurs traditionnels. Cette configuration repose entièrement sur le système Full Self‑Driving (FSD) de Tesla, qui, à ce jour, reste en version supervisée : le conducteur doit rester prêt à reprendre le contrôle. Musk a annoncé que la version non supervisée du FSD, qualifiée de « fully self‑driving », devrait être disponible au deuxième trimestre de l’année prochaine, bien que cette échéance ait déjà été repoussée plusieurs fois.
Le fait que le Cybercab soit déjà exploité sur les voies publiques d’Austin, sans contrôles humains, constitue un test réel de la capacité du logiciel à gérer toutes les situations de circulation sans intervention humaine.
Enjeux réglementaires et investigation NHTSA
Le National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA) a ouvert, le mois dernier, une enquête officielle sur le Cybercab. L’enquête porte sur la conformité du véhicule aux Federal Motor Vehicle Safety Standards (FMVSS), qui exigent notamment la présence de pédales de frein et de rétroviseurs latéraux. Tesla, comme les autres constructeurs, auto‑certifie la conformité de ses modèles ; toutefois, les FMVSS actuelles ne prévoient pas d’exemption pour les véhicules dépourvus de contrôles manuels.
Le Department of Transportation a récemment proposé de supprimer ces exigences pour les véhicules conçus exclusivement pour la conduite autonome, mais la proposition n’est pas encore en vigueur. Jusqu’à ce que la réglementation évolue, l’enquête NHTSA pourrait contraindre Tesla à modifier le Cybercab ou à suspendre sa commercialisation.
Implications pour le modèle robotaxi
Si l’enquête aboutit favorablement, Tesla pourra vendre le Cybercab à des opérateurs tiers, créant ainsi un marché de véhicules autonomes dédiés au transport comme service (TaaS). Cette offre se distinguerait du modèle actuel où les propriétaires de Tesla installent le logiciel FSD sur leurs propres voitures. En revanche, un refus ou une contrainte réglementaire retarderait l’expansion du service et pourrait pousser les concurrents à proposer des alternatives conformes aux FMVSS.
En résumé, la décision de commercialiser le Cybercab avant la fin de l’année repose sur une production déjà engagée pour la flotte interne, un plan de déploiement progressif, et une dépendance critique à l’évolution de la législation américaine sur les véhicules autonomes.