Contexte réglementaire

En mars 2024, le constructeur a annoncé que la fonction Full Self-Driving (FSD) sera commercialisée sous le nom Assisted Driving dans l’Union européenne. Cette décision répond aux exigences du Règlement général de sécurité (EU General Safety Regulation) qui ne reconnaît pas les niveaux d’autonomie supérieurs à 2 sans validation spécifique. Les autorités européennes classifient les systèmes qui laissent le conducteur libre de reprendre le contrôle à tout moment comme niveau 2, alors que la version américaine de FSD vise le niveau 3/4.

Modifications techniques

Pour se conformer à la classification de niveau 2, Tesla a désactivé ou limité plusieurs fonctions avancées. Le module Navigate on Autopilot conserve la capacité de suivre un itinéraire, mais le système exige désormais que le conducteur garde les mains sur le volant et surveille la route en permanence. Les fonctions Auto‑park et Summon, qui opéraient sans supervision directe, ont été retirées du pack européen. Le logiciel continue d’utiliser la suite de caméras et le processeur Full Self‑Driving Computer (HW4), mais le radar de génération précédente a déjà été éliminé dans les modèles récents, ce qui renforce la dépendance à la vision pure et accentue les limites en conditions de faible visibilité.

if (driverHandsOnWheel) {
    enableAssistedDriving();
} else {
    alertDriver();
}

Le code ci‑dessus illustre le nouveau contrôle d’engagement : le système ne s’active que si le capteur de pression détecte une prise en main. Cette contrainte logicielle garantit le respect du critère de supervision active imposé par la législation européenne.

Implications pour les utilisateurs et le marché

Le rebranding implique que les clients européens paient le même tarif que les versions américaines, soit environ 12 000 €, mais reçoivent un ensemble de fonctions restreint. La différence de fonctionnalité peut influencer la perception du rapport coût‑efficacité, surtout face à des concurrents comme le Mercedes‑EQ ou le BMW iX qui proposent déjà des systèmes de conduite assistée certifiés niveau 2. Sur le plan technique, la suppression des fonctions autonomes sans supervision réduit le nombre de scénarios où le véhicule doit interpréter des situations complexes, limitant ainsi les exigences de calcul en temps réel et les risques de défaillance logicielle.

Enfin, la décision montre que les stratégies d’OTA (over‑the‑air) de Tesla doivent désormais intégrer des contraintes géographiques. Les futures mises à jour devront détecter la localisation du véhicule et activer ou désactiver les modules en fonction du cadre réglementaire, ce qui complexifie le pipeline de déploiement logiciel et augmente la charge de validation pour chaque version.