Contexte et mécanisme de censure
Depuis quelques jours, la fonction recherche de TikTok renvoie systématiquement no results found lorsqu’on saisit des termes tels que semaglutide, BPC-157, retratutide ou TB‑500. Le blocage s’applique uniquement aux requêtes textuelles ; les vidéos contenant ces mots restent accessibles et les suggestions de recherche affichent encore des variantes orthographiques. Le phénomène a été signalé par l’influenceur Jeff Tang, qui a publié une vidéo et un tweet dénonçant la décision, en mentionnant notamment le fabricant de semaglutide, Eli Lilly.
Le système de modération de TikTok repose sur des filtres automatisés qui comparent les chaînes de caractères saisies à une liste noire interne. Le fait que les variantes de nom (ex. « BPC‑157 », « BPC‑157‑A ») continuent de produire des résultats indique que la liste n’est pas exhaustive et que le filtrage s’appuie sur des correspondances exactes plutôt que sur une analyse sémantique.
Peptides ciblés et enjeux réglementaires
Les peptides mentionnés sont des chaînes d’acides aminés ; certains, comme le semaglutide (un agoniste GLP‑1 commercialisé par Eli Lilly) ou l’insuline, sont approuvés par les autorités sanitaires. D’autres, tels que BPC‑157 et TB‑500, n’ont jamais fait l’objet d’essais cliniques concluants et sont classés comme substances non réglementées. Leur promotion sur TikTok s’accompagne souvent de recommandations de pharmacies de composition, dont la qualité et la conformité restent non vérifiées.
Le manque de données cliniques crée un vide que les influenceurs remplissent avec des allégations de perte de poids ou de cicatrisation des plaies. Cette dynamique pousse les utilisateurs à consommer des produits hors prescription, augmentant le risque de réactions indésirables ou d’interactions médicamenteuses.
Analyse de l’impact sur la désinformation et la chaîne d’approvisionnement
En bloquant les requêtes, TikTok limite la visibilité immédiate de contenus potentiellement trompeurs, mais ne supprime pas les vidéos existantes. Les algorithmes de recommandation continuent de diffuser ces vidéos, surtout lorsqu’un utilisateur interagit avec des hashtags liés aux peptides. Ainsi, la censure partielle agit comme un filtre de première ligne sans interrompre la diffusion de la désinformation.
Le contournement via des variantes orthographiques montre que les acteurs malveillants peuvent adapter leurs stratégies de référencement. Cette adaptabilité augmente la charge de travail des équipes de modération et rend difficile l’évaluation de l’efficacité globale du blocage.
Limites de l’enquête
Les informations proviennent d’observations directes et de déclarations d’un seul influenceur. TikTok n’a pas fourni de commentaire officiel, ce qui empêche de connaître la portée exacte de la liste noire ni les critères de sélection des peptides. De plus, aucune donnée quantitative (nombre de requêtes bloquées, taux de suppression de vidéos) n’est disponible, limitant l’évaluation de l’impact réel sur la visibilité des contenus.