Contexte de production

Lors d’une visite à l’usine de Unitree à Hangzhou, l’observateur a constaté que la plupart des lignes de production d’actionneurs restent opérées par des ouvriers utilisant des machines d’enroulement traditionnelles. Ces machines enroulent le fil de cuivre autour du noyau du moteur, une tâche qui, selon le rapport, n’est automatisée que sur une ou deux lignes parmi des dizaines. Le coût déclaré des équipements de l’entreprise à la fin 2025 s’élève à 1,7 million $, soit environ 50 $ d’équipement par robot produit, alors que la société a fabriqué près de 32 000 unités cette année.

Le poids du travail humain dans le coût total est de 8 % pour l’ensemble du robot, incluant les assembleurs externalisés. En 2025, Unitree a assemblé 26 000 chiens‑robots, dépassant les 20 000 unités mondiales estimées par IDC l’an précédent. Cette proportion indique que la main‑d’œuvre représente la partie la plus réduite du budget, mais qu’elle demeure critique pour la flexibilité de la production.

Stratégie d’automatisation ciblée

Unitree prévoit que la nouvelle ligne de fabrication de moteurs réduira le temps de travail humain par moteur de plus de 50 %, ce qui se traduira par une baisse de moins de 2 % du coût d’un modèle de robot. Cette amélioration repose sur la standardisation des processus, l’échelle de production et le perfectionnement des compétences des opérateurs, plutôt que sur l’introduction massive de robots industriels. Le modèle d’automatisation se concentre d’abord sur les modules articulés, les composants les plus partagés entre les différents robots, afin de maximiser le retour sur investissement avant d’étendre l’automatisation aux sous‑assemblages plus variables.

Le rapport souligne que la réduction du travail manuel a déjà permis de diviser par deux le coût de la main‑d’œuvre par robot depuis 2023, grâce à des pratiques de kaizen et à l’optimisation des flux de production. Cependant, l’auteur rappelle que chaque nouvelle génération de robot implique des modifications de conception qui rendent les machines dédiées rapidement obsolètes, d’où la préférence pour une production semi‑manuelle adaptable.

Comparaison internationale et perspectives

Le coût horaire du travail en usine aux États-Unis est estimé à six fois celui de la Chine. Si Unitree devait appliquer les salaires américains, la main‑d’œuvre passerait de 8 % à environ 40 % du coût total du robot, inversant la répartition actuelle où le travail représente la pointe du budget. Cette différence de structure de coûts suggère que l’automatisation complète serait plus rentable dans les pays à forte rémunération, à condition que les pièces à automatiser soient suffisamment figées.

Le texte compare cette évolution à l’histoire de Ford, qui a d’abord utilisé une main‑d’œuvre très fragmentée avant d’introduire des machines spécialisées lorsque le modèle de voiture était stabilisé. De même, Unitree se situe aujourd’hui à un stade analogue à celui de Ford en 1913, où la main‑d’œuvre reste dominante jusqu’à ce que la conception du produit se fige suffisamment pour justifier l’investissement dans des machines dédiées.