Conception matérielle et extensions

Le point de départ est le Zotac MAGNUS EN1070K, un boîtier compact contenant un processeur i5 et une carte graphique GTX 1070. Le châssis d’origine ne supporte qu’un disque 2,5 ", ce qui a conduit l’auteur à concevoir une extension imprimée en ABS renforcé. Cette pièce accueille une cage hot‑swap ICY Dock à cinq baies, un support imprimé pour un sixième disque, ainsi qu’un petit bloc d’alimentation (Pico PSU) alimenté via un convertisseur DC‑DC depuis le bloc de 19,5 V du Zotac. Le spin‑up simultané de six disques consomme environ 125 W, justifiant le recours à ce convertisseur. Six ports SATA sont fournis par un adaptateur ASM1166 installé dans le slot M.2, libérant le baï 2,5 " pour un SSD de démarrage de 1 TB.

La mémoire provient de deux barrettes DDR4 d’un ancien portable, portant la capacité totale à la limite du système : 32 GB. Un module Wi‑Fi 6E, récupéré d’un projet antérieur, remplace la carte d’origine, offrant jusqu’à 893 Mbit/s de débit réel malgré l’absence de connexion filaire.

Stockage, redondance et chiffrement

Six disques durs WD Red Plus de 8 TB ont été acquis sur le marché de l’occasion, formant un pool ZFS en RAIDZ2. Le volume brut s’élève à 43,7 TB, dont 29 TB sont utilisables après prise en compte de la double redondance. Le RAIDZ2 garantit la continuité du service même après la perte de deux disques ; l’auteur a validé ce scénario en retirant un disque en fonctionnement, observant la persistance des partages Samba et la génération d’une alerte, puis en réinsérant le disque qui a automatiquement entamé le résilver.

Le pool est chiffré et se déverrouille au démarrage grâce à une clé stockée sur un serveur dédié du domicile, rendant le vol physique du serveur peu intéressant. Le système pèse 8,5 kg, plus plus de 10 kg lorsqu’on inclut le bloc d’alimentation de 300 W.

Gestion thermique et interface utilisateur

Le boîtier imprimé, bien que robuste, isole les disques, entraînant des températures d’environ 45 °C au repos, soit dix degrés au‑dessus de la zone idéale. L’ajout de ventilateurs Noctua a partiellement atténué ce problème, mais le tableau de bord signale quotidiennement la surchauffe. En parallèle, un écran tactile de 1,47 " piloté par un ESP32‑S3 a été soudé aux broches USB du Zotac. Le firmware, écrit en C avec la bibliothèque LVGL, reçoit les états du NAS via une liaison série et propose sept écrans (santé du pool, températures, état des services, débit réseau, etc.). L’écran se met en veille et se réveille au toucher, offrant une visibilité instantanée sans recourir à un autre appareil.

Système d’exploitation et services

Initialement envisagé sous TrueNAS, le projet a été abandonné en raison de l’absence de support Wi‑Fi et de la perte du pilote propriétaire NVIDIA, qui aurait rendu la GTX 1070 inutilisable. Le serveur fonctionne donc sous Kubuntu 24.04 avec ZFS en natif. Tous les services (Nextcloud, Docker Compose, Caddy, etc.) sont orchestrés dans des conteneurs Docker, tandis qu’un tableau de bord personnalisé, affiché en noir et ambre, agrège les métriques matérielles et logicielles. Cette approche conserve la flexibilité d’un système Linux complet tout en offrant une interface dédiée via l’écran ESP32.