Présentation
Lors de l’AI Summit d’Amsterdam, Extreme Networks a présenté deux nouveautés majeures. Le premier point concerne Agent ONE Coworker, un agent d’intelligence ambiante intégré à la plateforme Extreme Platform ONE. Au cours de son mois pilote, les clients ont économisé environ 1 000 heures de dépannage, 41 % des utilisateurs de Platform ONE l’ont employé quotidiennement, et 98 % des alertes critiques ont reçu une réponse. L’engagement est dix fois supérieur à celui du premier assistant conversationnel d’Extreme.
Le second point porte sur les zones Exchange, prévues pour le premier semestre 2027. Une zone associe une plateforme de calcul universelle Extreme ou un serveur client à la capacité inutilisée d’accès‑points et de commutateurs déjà déployés. Les applications d’IA du marketplace Extreme Exchange s’exécutent localement sur des modèles à poids ouvert, le recours au cloud n’étant autorisé que par politique explicite et consigné à chaque appel.
Fonctionnement d'Agent ONE Coworker
Agent ONE Coworker analyse en continu les flux de télémétrie du réseau et génère des « nudges » proactifs après une pré‑investigation autonome. Les données montrent que 58 % des tickets ouverts par l’agent contiennent déjà toutes les preuves nécessaires, ce qui réduit le temps de résolution mais laisse une marge d’amélioration. Le système repose sur 268 outils configurables selon trois modes : auto‑autorisation, demande d’accord ou interdiction totale. Quatre règles de base – ne pas nuire au réseau, ne jamais exposer de crédentiel, rester dans son rôle, ne pas agir sur un autre locataire – sont appliquées à chaque action et chaque opération est tracée dans un journal d’audit complet.
Cette architecture sépare la gouvernance du moteur d’exécution : la plateforme Exchange, et non Platform ONE, contrôle les permissions, évitant ainsi le risque d’agents « rogues ». Cette séparation crée un plan de contrôle explicite, indispensable pour des déploiements 24 h/24 où une mauvaise décision d’agent peut entraîner des interruptions majeures.
Zones Exchange et calcul distribué
Les points d’accès haut de gamme disposent de quatre à huit cœurs, mais n’en utilisent généralement qu’un. Extreme propose de réaffecter les cœurs inactifs comme ressources de calcul pour l’IA. Un démonstrateur dans le secteur de la santé a exécuté une application de détection de chute combinant flux vidéo, localisation Wi‑Fi et notification du personnel, le tout sur les points d’accès sans serveur central. Un autre exemple, basé sur les données du match des Seattle Seahawks, a prédit les embouteillages aux portes, montrant des temps de marche supplémentaires de sept à huit minutes pour certains spectateurs.
Ces cas d’usage ne relèvent pas de la simple gestion du réseau ; ils exploitent la télémétrie en temps réel, impossible à transférer intégralement vers le cloud à cause des coûts de bande passante et des contraintes de souveraineté. La tarification prévue est basée sur la consommation d’« actions d’agent », un modèle qui oblige les organisations à mesurer le coût de leurs tâches automatisées.
Gouvernance, souveraineté et limites
Le débat sur la souveraineté des données apparaît récurrent. Le CIO de l’Institut de Recherche sur le Cancer à Londres gère 9 pétaoctets de données et souligne que l’obstacle principal à l’adoption de l’IA est l’incertitude réglementaire. Extreme répond en plaçant la gouvernance au sein d’Exchange, avec des règles de conformité intégrées et un audit complet, afin de réduire les risques de « shadow AI ». Malgré ces mesures, la dépendance à des modèles locaux expose les réseaux à des vulnérabilités potentielles si les mises à jour de firmware ne sont pas appliquées, comme le montre le cas de Hill College où une mise à jour aurait pu éviter un incident.
En résumé, Extreme Networks propose une évolution du rôle du réseau : passer d’un simple canal d’observation à une plateforme d’exécution d’IA. Le succès dépendra de la capacité des équipes à gérer la gouvernance distribuée, à exploiter les ressources de calcul inactives et à quantifier le retour sur investissement des actions d’agent.