Intégration de BeOS sur Infinite Mac
Infinite Mac propose désormais plusieurs versions de BeOS pour Power Macintosh, accessibles directement dans le navigateur. Les images disque sont diffusées en continu, ce qui permet un démarrage instantané même pour des disques de grande taille. L’utilisateur peut insérer des CD‑ROM depuis l’Internet Archive, accéder à la bibliothèque « Infinite HD » et sauvegarder ses travaux sur le volume virtuel « Saved HD ». La version initiale de BeOS pour Power Macs, le Developer Release 8.2, contenait un « time bomb » qui bloquait le démarrage après le 1 avril 1997 ; le correctif DR8.3 a supprimé cette restriction en ajoutant un support de date personnalisée.
Correctifs d’émulation spécifiques à BeOS
Le portage a révélé plusieurs incompatibilités entre l’émulateur DingusPPC et les attentes de BeOS. Premièrement, le chargeur de démarrage de BeOS détectait à tort que toutes les touches modificateurs étaient enfoncées à cause d’un bug dans l’émulation ADB, ce qui affichait à chaque fois l’écran de sélection de partition. Deuxièmement, le changement de profondeur d’écran nécessite d’avertir à la fois le contrôleur vidéo et le convertisseur numérique‑analogique (DAC) ; DingusPPC s’appuyait sur l’ordre de notification de Mac OS, alors que BeOS inverse cet ordre, entraînant une corruption d’affichage. Troisièmement, les premières versions de BeOS écrivaient la mémoire vidéo en mode 1 little‑endian, fonctionnalité absente de DingusPPC, obligeant les développeurs à implémenter ce mode. Quatrièmement, le montage des partitions HFS par BeOS échouait avec les volumes générés par la bibliothèque Python machfs, car BeOS impose des contraintes plus strictes sur la structure des métadonnées que Mac OS.
Effet sur l’émulation de logiciels tiers
Ces correctifs ont eu un impact collatéral sur d’autres composants intégrés à Infinite Mac. SheepShaver, l’émulateur Power Macintosh utilisé pour exécuter les versions classiques de Mac OS, repose sur une cartographie précise de la ROM en mémoire physique ; l’ajustement nécessaire pour BeOS a corrigé un défaut de ce mapping, améliorant ainsi la stabilité de SheepShaver. En conséquence, DingusPPC devient, à ce jour, le seul émulateur capable d’exécuter les versions PowerPC de BeOS, ouvrant la voie à l’expérimentation d’autres systèmes alternatifs comme MkLinux ou Rhapsody.
Analyse des performances et des limites
Les tests réalisés sur Infinite Mac montrent que BeOS démarre et répond plus rapidement que les versions contemporaines de Mac OS, notamment grâce à son sous‑système POSIX et à son shell Unix‑like. Cependant, l’expérience utilisateur reste partielle : certaines applications tierces sont encore au stade « version 0.1 », et l’interface tabulée de BeOS possède une zone de glisser réduite, ce qui complique le déplacement des fenêtres. L’utilisation d’un agent IA (Codex) pour identifier le fichier de configuration de résolution d’écran illustre la complexité du reverse‑engineering requis, mais confirme que les mécanismes de stockage de paramètres sont accessibles et modifiables. En résumé, l’ajout de BeOS enrichit la plateforme Infinite Mac, renforce la précision de DingusPPC et offre aux passionnés un aperçu fonctionnel d’une voie alternative du système d’exploitation Macintosh des années 1990.