Contexte et fonctionnement de l’ALPR

Le système d’identification automatique des plaques d’immatriculation (ALPR) existe depuis 1976, date à laquelle le British Home Office a développé le prototype initial. La première arrestation grâce à cette technologie a eu lieu en 1981, puis le projet Project Laser de 2004 a traité plus de cinq millions de plaques britanniques, générant 3 071 arrestations. Flock Safety, fondée en 2017 à Atlanta, propose une version solaire d’un dispositif ALPR monté sur poteau. Lorsqu’un véhicule passe, la caméra capture une image, extrait la couleur, la marque et la plaque, puis interroge instantanément la base nationale du FBI pour détecter les véhicules volés ou recherchés.

Modèle économique et adoption aux États‑Unis

Contrairement aux installations coûteuses réservées aux grandes forces, Flock vend son appareil avec un abonnement annuel de 3 000 $. Au regard du budget moyen d’une police locale, estimé à 1 million $ par an, ce tarif représente moins d’un pour‑cent des dépenses totales, rendant la technologie accessible aux petites structures. Aujourd’hui, près de 30 % des agences policières américaines sont abonnées, ce qui montre une adoption rapide dans un marché historiquement fragmenté où 50 % des départements emploient moins de dix agents à plein temps.

Impact mesurable sur la criminalité et limites du dispositif

Les statistiques officielles indiquent que les forces américaines résolvent seulement 8,2 % des vols de véhicules signalés. Une étude interne aux services ayant adopté l’ALPR révèle une hausse relative de 15,9 % du taux d’arrestations pour vol de voitures, portant le taux national à 9,5 %. À Atlantic City, où les véhicules étaient impliqués dans 53 % des fusillades avant l’expansion du réseau, l’ajout de caméras a entraîné une baisse mensuelle de 20 % des vols de voitures, de 34 % des délits contre les biens et d’environ 40 % des fusillades mortelles. Les alertes générées ont conduit à 72 contrôles, aboutissant à la récupération de 40 véhicules volés et de 9 plaques volées. Flock affirme que 10 % de l’ensemble des crimes signalés aux États‑Unis sont résolus grâce aux preuves fournies par leurs caméras.

Malgré ces résultats, le dispositif présente des limites inhérentes : il ne peut identifier ni le conducteur ni les passagers, obligeant les agents à établir le lien de causalité avant d’intervenir. De plus, chaque alerte doit être associée à un numéro de dossier et à une justification, puis auditée mensuellement, ce qui impose une charge administrative supplémentaire. Enfin, la dépendance à une base de données fédérale implique des délais de mise à jour et des risques de faux positifs, pouvant entraîner des arrêts injustifiés.