Contexte énergétique et demande croissante
En 2024, les États‑Unis produisent encore 60 % de leur électricité à partir de combustibles fossiles, tandis que l’énergie solaire et éolienne dépasse le charbon pour la première fois. La croissance du parc solaire représente 81 % de la capacité additionnelle installée, reflétant la baisse des coûts globaux. Parallèlement, la consommation électrique nationale augmente à un rythme inédit depuis plus d’une décennie, portée par la multiplication des centres de données, l’expansion industrielle et le déploiement des véhicules électriques.
Planification et expansion de l’infrastructure fossile
Le rapport de l’Environmental Defense Fund et d’Atlas Public Policy indique que la part des projets de nouvelles capacités fossiles passe de 5 % de l’ensemble des nouvelles capacités en 2024 à 30 % au deuxième trimestre 2026. Si la tendance se maintient, les combustibles fossiles pourraient représenter 70 % du pipeline de développement d’ici la fin de la décennie. La capacité prévue pour le gaz et le charbon atteindrait 68 GW en 2030, soit une hausse de 45 % par rapport aux plans publiés six mois auparavant.
Comparaison coûts et risques environnementaux
Le coût moyen de production pour les nouvelles installations solaires et éoliennes reste compris entre 68 $ et 69 $ / MWh, contre 90 $ / MWh pour les centrales à cycle combiné au gaz naturel. Malgré cet écart, les projets renouvelables sont annulés à un taux de 4,9 % contre 2,9 % pour les projets fossiles, ce qui indique une préférence politique pour les investissements en hydrocarbures. Les centrales à gaz et à charbon continuent d’émettre des polluants atmosphériques et du CO₂, entraînant des coûts de santé publique et une volatilité accrue des prix de l’énergie, notamment depuis le déclenchement du conflit avec l’Iran.
Implications politiques et incertitudes
L’administration Trump a intensifié les mesures visant à freiner les projets éoliens et solaires, notamment par des ordonnances d’arrêt de travaux, le blocage de permis et la suppression d’incitations fiscales. Cette orientation politique favorise les besoins énergétiques des centres de données, dont la demande prévue repose en partie sur des prévisions de consommation liées à l’intelligence artificielle. Si ces prévisions s’avèrent excessives, plusieurs projets d’infrastructure fossile pourraient être abandonnés, modifiant le profil de capacité prévu. Le rapport souligne ainsi que les décisions prises aujourd’hui façonneront le coût, la fiabilité et les émissions du réseau électrique pendant plusieurs décennies.