Contexte et ambitions

Lors de l’appel trimestriel du troisième trimestre 2026, Mark Zuckerberg a présenté Muse comme le pilier d’une future « réseau de Muse » où chaque agent personnel interagit avec les agents d’autres utilisateurs. Il a affirmé que des milliards d’utilisateurs pourraient adopter le service, ce qui, selon lui, dépasserait les revenus générés aujourd’hui par Instagram et Facebook. Cette vision s’inscrit dans un contexte de dépenses d’IA record : Meta prévoit un CAPEX de 135 à 145 milliards de dollars en 2026, soit le double de l’an précédent.

Fonctionnement et modèle économique

Muse, lancé le mois dernier, a déjà été téléchargé et configuré par plus de 10 millions d’utilisateurs aux États‑Unis et au Canada. Zuckerberg n’a pas communiqué de taux de rétention, mais il a indiqué qu’un quart des installateurs utilisent l’application quotidiennement. Parmi ces utilisateurs actifs, 25 % effectuent des achats via Muse, avec un panier moyen supérieur à 200 dollars par transaction. Meta prélève une commission sur chaque transaction commerciale, ce qui crée un flux de revenus récurrent lié à l’activité des agents autonomes.

Contraintes techniques et financières

Le principal obstacle identifié par Zuckerberg est la consommation énergétique des GPU nécessaires à l’exécution d’un réseau d’agents en temps réel. Il a déclaré que la « coût‑efficacité du calcul doit être multipliée par dix » d’ici l’an suivant, sans préciser la méthode. Cette ambition reflète les limites actuelles des data‑centers de Meta, déjà sous pression après un jugement de 25 milliards de dollars imposé par l’État du Nouveau‑Mexique pour violation de la protection des consommateurs. La capacité à réduire le coût du calcul est donc conditionnelle à la viabilité économique de Muse.

Risques et perspectives

Outre les défis d’efficacité énergétique, le modèle soulève des questions de confidentialité. Des incidents rapportés, comme un agent Muse qui a conduit un inconnu chez un utilisateur pour finaliser une transaction Marketplace, illustrent les risques de fuite de données privées. Un cadre bancaire canadien a même envisagé de bloquer l’accès de Muse aux informations financières de ses clients. Si les agents restent gratuits pour les consommateurs, les entreprises devront supporter les frais de transaction, ce qui pourrait freiner l’adoption commerciale. En l’absence de déploiement international – limité par les coûts de calcul – la base d’utilisateurs reste confinée à deux pays, restreignant le potentiel de croissance.