Contexte financier
Le Financial Times a publié, le 8 octobre 2026, une estimation selon laquelle le revenu annualisé d’OpenAI Group PBC s’élèverait à environ 50 milliards USD. Cette valeur contraste avec les 68 milliards USD largement cités deux mois plus tôt. La différence provient d’une réévaluation du chiffre d’affaires brut en revenu net, comme l’a indiqué une source anonyme. OpenAI a également déclaré une croissance de 77 % de son taux de revenu annuel au troisième trimestre, ainsi qu’une hausse de 107 % pour son segment entreprise.
Mécanisme de révision du revenu
Le chiffre initial de 68 milliards incluait les revenus bruts générés par les partenaires d’OpenAI, permettant une comparaison directe avec les déclarations d’Anthropic. Le nouveau chiffre de 50 milliards se base sur le revenu net, c’est‑à‑dire les recettes réellement perçues après déduction des redevances et des coûts de licence. Cette distinction modifie les multiples de valorisation appliqués par les analystes, car les évaluations précédentes supposaient un flux de trésorerie plus important. Le passage du brut au net réduit l’estimation de la marge opérationnelle, ce qui explique la réévaluation rapide du marché.
Réaction du marché
À la diffusion du rapport, le Nasdaq a perdu 1,25 % en une journée, son plus fort recul depuis mi‑août, tandis que le S&P 500 a reculé de 0,5 %. Les titres directement exposés à OpenAI ont subi des baisses plus prononcées : Oracle –5,5 %, Intel –5,3 %, Nvidia –2,9 %, CoreWeave –8 %, AMD et Broadcom –4 % chacun, et Super Micro –5 %. La chute reflète la crainte que des revenus inférieurs limitent la capacité d’OpenAI à honorer des contrats multibillions, notamment avec Oracle. La volatilité montre également la sensibilité des valorisations IA aux hypothèses de revenu.
Implications pour les IPO et les partenaires
OpenAI, dont la valorisation interne atteint 852 milliards USD, avait prévu une introduction en bourse en 2026. Le report à 2027, annoncé par Sam Altman, s’aligne avec la nécessité de consolider les chiffres avant de soumettre le prospectus. Une révision à la baisse du revenu affaiblit les arguments de valorisation et pourrait réduire le prix d’offre. Anthropic, concurrent direct, vise une IPO en 2026 avec un objectif de 2 trillions USD, mais un rapport indépendant la valorise à 150 milliards, bien en dessous de ses ambitions. Son revenu de 4,6 milliards en 2025 et ses pertes de 42 milliards soulèvent des questions similaires de viabilité financière. Les investisseurs devront désormais scruter les rapports de revenu net plutôt que les agrégats bruts, et les partenaires technologiques devront réévaluer leurs engagements contractuels face à une possible contraction du cash‑flow des géants IA.