Résultats financiers du premier trimestre
Oracle a publié un bénéfice ajusté de 1,92 $ par action, largement au‑dessus des 1,74 $ attendus. Le chiffre d’affaires total a atteint 19,35 milliards de dollars, soit une hausse de 30 % sur un an, dépassant les prévisions de 19,14 milliards. Le résultat net s’est élevé à 4,68 milliards de dollars, contre 2,93 milliards l’an passé. Malgré ces performances, la trésorerie libre est restée négative à -5,4 milliards de dollars, aggravée par un investissement en capital de 28,5 milliards contre 8,5 milliards l’année précédente. La dette totale d’Oracle s’élève à 125 milliards de dollars, ce qui alourdit le profil de risque financier malgré la hausse des revenus.
Croissance du segment cloud infrastructure
Le cloud infrastructure, qui propose des serveurs AI aux entreprises, a généré 7,4 milliards de dollars de ventes, soit une progression de 121 % d’une année à l’autre. Cette dynamique a été soutenue par l’ajout de 850 MW de capacité de données, traduisant un déploiement massif de centres de traitement. Le carnet de commandes totalise 664 milliards de dollars, dont près de la moitié provient d’un contrat unique avec OpenAI Group PBC. Le reste du backlog a plus que doublé, offrant une diversification partielle face à la volatilité du marché AI.
Analyse des risques financiers et de la concurrence
La dépendance à un seul client AI expose Oracle à une sensibilité accrue aux fluctuations de sentiment autour d’OpenAI, notamment face à la concurrence d’Anthropic et aux pressions tarifaires des modèles « open‑weight ». Le ratio d’endettement élevé et la trésorerie libre négative limitent la marge de manœuvre pour absorber de potentielles baisses de revenus. En parallèle, les géants hyperscalers AWS et Google Cloud bénéficient de liquidités supérieures et de notations de crédit plus favorables, ce qui rend la conquête de parts de marché plus coûteuse. Oracle a toutefois indiqué que les retards éventuels sur le pipeline de gaz naturel du nouveau site du Nouveau‑Mexique n’impacteraient pas les calendriers de dépenses prévues jusqu’en 2027, selon le CFO Hilary Maxson. Cette affirmation repose sur des prévisions internes, mais le suivi des coûts d’énergie reste un facteur critique pour la rentabilité du modèle d’infrastructure à forte intensité énergétique.