Contexte du vol 14

SpaceX prévoit de réaliser le vol 14 de son lanceur Starship dès le 22 septembre 2026, avec une fenêtre de 75 minutes à 7 h 15 (heure locale du Texas). Il s’agit du premier essai d’atteindre l’orbite, après trois années de tests depuis le vol inaugural du 20 avril 2023. La mission transportera 26 satellites V3 Starlink vers une orbite circulaire de 275 km, où ils devront effectuer six passages autour de la Terre avant la fin du profil, estimée à environ 10 heures.

Modifications du premier étage

Le test du 24 juillet a révélé un problème d’encrassement de glace sur les trois moteurs centraux du booster Super Heavy, entraînant l’arrêt prématuré du burn de retour. En réponse, SpaceX a ajouté des filtres améliorés et mis à jour le logiciel de relance afin d’augmenter la fiabilité du redémarrage des moteurs. Pour ce vol, le premier étage ne tentera plus de revenir au site de lancement ; il visera un atterrissage contrôlé dans le golfe du Mexique, ouvrant la voie à un futur « catch » lors d’une mission subséquente.

Améliorations du deuxième étage et de la protection thermique

Le deuxième étage, qui porte la charge utile, ne reviendra pas non plus sur le site texan. L’objectif est de recueillir davantage de données sur la performance du bouclier thermique. Depuis le vol précédent, plusieurs améliorations ont été intégrées : des mécanismes de rétention supplémentaires sur les tuiles les plus exposées, la correction de voies de flux plasma derrière les tuiles, et l’utilisation de tuiles à forme incurvée qui réduisent le chauffage dans les interstices. Deux tuiles récupérées lors du vol Ship 40 seront réutilisées sur Ship 41, constituant la première réutilisation de tuiles pour Starship.

Implications techniques et limites

Atteindre l’orbite avec Starship validera l’intégration du booster Super Heavy et du vaisseau supérieur dans un cycle entièrement réutilisable, un objectif que SpaceX poursuit depuis plusieurs années. Le succès du filtrage anti‑glace et du nouveau logiciel de relance réduira les risques de perte de propulsion lors des burns de retour, mais la décision de ne pas récupérer le deuxième étage limite pour l’instant la collecte de données sur la durabilité du bouclier en conditions orbitales prolongées. De plus, la charge utile de 26 satellites V3, plus performants que les V2 mini, offre un test opérationnel du système de propulsion autonome des satellites, mais ne fournit pas de mesure directe de la capacité de Starship à placer des charges plus lourdes ou à des altitudes supérieures.